Orientations pour une droite identitaire, par Fabrice Robert



 

Militants identitaires, nous ne nous reconnaissons plus aujourd'hui dans ce qu'il est convenu d'appeler la droite nationale. Au-delà de la ligne politique, il existe aussi une rupture tant au niveau de la stratégie que des méthodes d'action.
> Le temps est donc venu de développer un espace politique pour une droite identitaire sociale et européenne.
>
> I. LIGNE POLITIQUE
>
> La spécificité de la droite identitaire peut s'incarner à travers trois axes principaux :
>
> 1. L'Europe.
> Nous appelons de nos vœux la constitution d'une Europe politique, seule capable d'apporter à un monde déboussolé la stabilité et la paix qui lui font défaut. Cette autonomie de l'Europe est nécessaire pour peser face aux autres sphères civilisationnelles y compris outre-Atlantique. Nous défendons ainsi l'idée d'une France des régions dans une Europe des nations en mettant en avant le principe de subsidiarité et la défense des libertés locales.
> Selon nous, il n'y a, en effet, pas de contradiction entre l'attachement à sa région, à sa patrie et à l'espérance d'une Europe de la puissance, libérées des énarchies républicaines et des scléroses bruxelloises.
>
> 2. Le social.
> La gauche a toujours considéré le social comme son monopole, ce que la droite ne lui a que très rarement contesté. Or c’est la droite qui puise son origine et ses racines dans une vision non purement matérialiste et quantitative de la vie et des rapports sociaux. De ce fait, c’est elle seule qui, par sa défense conjointe de l’ordre et de la justice sociale, peut véritablement enrayer le mouvement globalisant de la marchandisation du monde.
> Agissant pour et au sein du peuple, nous voulons investir prioritairement l'action sociale. Loin des postures intellectuelles de certains, cette implication doit être réelle et concrète. En défendant notre peuple contre les excès du libéralisme, nous sommes ceux qui aidont les nôtres avant les autres.
>
> 3. L'identité.
> Face à un discours jacobin, ultra-républicain et assimilationniste, nous défendons une vision de l'homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.
> La notion de citoyenneté républicaine désincarnée - et sans relation avec la filiation et le sang - est en opposition totale avec notre vision de l'identité charnelle, enracinée et incarnée. Au concept de « L'idée France », nous opposons celui de la terre et des morts de Barrès.
> Nous établissons donc un distinguo clair entre Identité organique et Identité nationale basée autour des valeurs républicaines.
> Enfin, la droite identitaire s'incarne à travers la reconnaissance de trois niveaux d'identités. En tant qu'identitaires, nous nous appuyons sur notre identité régionale (identité charnelle), française (identité historique) et européenne (identité civilisationnelle).
>
> II. MÉTHODES ET STRATÉGIES
>
> Agir en réseau. Prenant acte de la lourdeur et du centralisme de certains appareils politiques parisiens, nous prônons le travail en réseau, plus souple, plus interactif et également plus respectueux des différentes sensibilités.
> En fédérant des hommes, des projets, des compétences, il est possible de relancer une dynamique de l'action qui permet de refaire l'unité à la base. « Les mots divisent, l'action nous unit ».
>
> Refus du tout-électoral et accent mis sur l'enracinement local. Il y a une vie avant, pendant et après les élections. Le combat électoral ne doit donc être qu'un moyen supplémentaire - au service de nos idées - et non pas une fin en soi. Le pouvoir ne se trouve pas uniquement dans les assemblées d'élus mais également dans des structures (associations, syndicats, etc.) et des outils (médias, réseau Internet, etc.) qui peuvent se transformer en véritables relais d'opinion. Il convient donc de faire une distinction entre LE pouvoir et LES Pouvoirs.
>
> Développement du travail dans le domaine associatif. Il faut investir massivement ce secteur occupé essentiellement par les militants de gauche. L'objectif est de bâtir un maillage du territoire avec des acteurs associatifs présents dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, traditions, solidarité, etc.) et qui pourront bénéficier des subventions publiques.
>
> Centrale d'agitation. En organisant des actions de sensibilisation de l'opinion (autrement appelées opérations de lobbying), il est possible de redevenir acteur de résistance, d'imposer des concepts dans les champs politiques et médiatiques et donc participer au déplacement du centre de gravité de la politique française.
>
> Action métapolitique. Le pouvoir se prend aussi par la conquête des esprits. Il est nécessaire de développer des projets de type métapolitique qui permettent d'attirer des personnes qui ne viendront jamais à l'action politique par le militantisme classique. L'objectif est alors d'agir sur la perception qu'ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d'opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés.
> Ce Gramscisme de droite peut s'illustrer à travers diverses formes d'expression : littérature, bande dessinée, peinture, musique, web, etc.
>
> Pragmatiques car non dogmatiques. Nous sommes une génération lasse des grands discours et des belles promesses, des Tables de la Loi et des « petits livres » quels que soient la couleur de ceux-ci. Nous sommes une génération qui ne croie plus aux théories fumeuses, aux solutions miracles, aux doctrines toutes faites ni aux hommes providentiels. Nous sommes une génération qui, si elle sait toujours que « demain lui appartient », entend bien obtenir l'usufruit d'aujourd'hui.
>
> Hic et Nunc. Notre credo ? Ici et maintenant. Du concret, du tangible, du réel. Pas de blablas : des résultats. Nous revendiquons la nécessité d'occuper le terrain en permanence. Face à ceux qui évoquent le grand soir, nous privilégions la mise en place d'actions concrètes à notre niveau. Chaque petite victoire représente alors une reconquête partielle du territoire et de nos libertés.
>
> III. QUE FAIRE ?
>
> Les militants de la droite identitaire ne sont plus/pas nationaux ou nationalistes et s'ils travaillent en-dehors des parties de la droite nationale, c'est tout simplement qu'ils entendent promouvoir d'autres positions et d'autres méthodes. Celles-ci peuvent parfois apparaître complémentaires mais également antagonistes.
> Il est en tous cas aujourd'hui important pour eux de pouvoir tracer leur voie propre, y compris (dans une certaine mesure, liée soit à l'implantation locale, soit à la portée symbolique) par la voie électorale.
>
> L'objectif est donc bien de développer un espace identitaire dans l'arène politique française. Cet espace mêlant identité, solidarité, écologie, réflexion institutionnelle, défense de la démocratie participative et des libertés locales, fait d'initiatives politiques, associatives, culturelles incarnerait la véritable alternative, cohérente et efficiente, au rouleau compresseur mondialiste, loin des utopies cosmopolites et laxistes des « altermondialistes » qui ne souhaitent que remplacer une mondialisation par une autre.
>
> Que serait Le FN sans Dreux ? Aujourd'hui, la droite identitaire doit aussi disposer d'une ou de plusieurs vitrines qui pourront symboliser son savoir-faire et sa spécificité. Des fondations ont déjà été posées notamment en Alsace et dans le pays Niçois. Nous devons travailler à l'obtention d'un « Dreux identitaire ».
> Rassembler ceux qui se reconnaissent sincèrement dans notre démarche, telle doit être l'axe autour duquel doivent se retrouver ceux qui veulent participer au développement de cette droite identitaire. 
 

__._,_.___
 
.
 









 



05/06/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres