Mario Monti prépare les Italiens à la fin du CDI

Voilà ce que permet la crise, voilà ce que les marchés attendent, et voilà ce qui va arriver aux francais aussi...

 

Le président du Conseil se donne un mois pour assouplir le marché du travail. Il veut s'inspirer de la rupture conventionnelle à la française et rendre les droits des salariés progressifs. Avec ou sans l'accord des syndicats.

Le tempo de la politique italienne n'a décidément plus rien à voir avec l'ère Berlusconi. Mario Monti a déjà à son actif un plan de rigueur, une loi de libéralisation et un programme de simplification administrative. Vendredi, le président du Conseil a annoncé que la prochaine étape, qui vise à rendre le marché du travail plus flexible, serait bouclée «  d'ici au mois de mars  ». Lors d'un chat sur le site Internet du journal « La Repubblica », il a insisté sur sa volonté d'en finir avec la «  mosaïque » législative et réglementaire en vigueur. Le droit du travail est caractérisé par une «  rigidité  » qui «  décourage  » l'investissement des entreprises, obérant la croissance et l'emploi, a-t-il expliqué. La veille, la ministre des Affaires sociales, Elsa Fornero, avait prévenu les leaders syndicaux que le gouvernement irait jusqu'au bout, «  avec ou sans  » leur accord. Cette détermination n'est pas exempte de couacs : Mario Monti a eu la maladresse d'affirmer à la télévision que le contrat à durée indéterminée (CDI) était «  ennuyeux  » pour les salariés. Le propos a fait polémique au sein du Parti démocratique (gauche), l'une des trois grandes formations, avec le Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi (droite) et le Troisième Pôle (centre), à soutenir l'exécutif Monti au Parlement. L'ancien commissaire européen à la Concurrence, accusé d'ultralibéralisme par ses détracteurs, a donc tenté de se justifier ce week-end : «  J'ai voulu dire que les jeunes devaient se faire à l'idée de ne pas avoir un emploi fixe toute leur vie, il va falloir s'habituer à changer souvent de lieu ou de type de travail. Les Italiens ont généralement un problème avec la mobilité et le changement, il faut cesser de n'y voir que du négatif.  »

Encourager les entreprises

La réforme prévoit la création d'un contrat de travail unique, qui n'offrira la protection de l'actuel CDI qu'au bout de trois ans. La période probatoire prendra la forme d'un apprentissage. Elle permettra au salarié d'acquérir progressivement des droits sociaux. L'idée est d'encourager les entreprises à recruter les moins de 25 ans, population où le taux de chômage atteint 31 %. S'agissant des CDI, le gouvernement veut abolir l'article 18 du Code du travail, qui oblige l'employeur à réintégrer tout salarié dont le licenciement est reconnu abusif par la justice. A la place sera instaurée une procédure de divorce à l'amiable assortie d'un système d'indemnisation sur le modèle français de la rupture conventionnelle.

Selon Eurostat, les contrats à durée déterminée (CDD) concernent environ 13,6 % des actifs, mais l'Institut national de la statistique (Istat) note que toutes les classes d'âge sont touchées par la précarité de l'emploi. Soit 3,9 millions d'Italiens.

CORRESPONDANT À ROME
guillaume delacroix
CORRESPONDANT À ROME

 

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201881488216-mario-monti-prepare-les-italiens-a-la-fin-du-cdi-284664.php



22/02/2012
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