Les Stocks de céréales au plus bas

Baisse programmée des productions de céréales en Europe pour répondre aux impératifs de la PAC et des accords du GATT / OMC

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Hausse de la population mondiale

=

55 jours de consommation au niveau planétaire !!!



Les stocks mondiaux de céréales filent un très mauvais coton



Les stocks mondiaux de céréales sont à des niveaux historiquement bas.

Regardez le graphique ci-dessous qui donne un aperçu de l'évolution du stock mondial -- calculé en nombre de jours de consommation en stock -- depuis une cinquantaine d'années.
 


Source : Prof. Cribb, enseignant en Sciences et Communication, université de Sydney

En 1987, nous avions pour 130 jours de consommation en stock. Depuis cette date, la situation n'a eu de cesse de se détériorer.

Aujourd'hui, le stock mondial représente à peine 55 jours de consommation. Un point bas historique. Nous flirtons avec les seuils critiques

Si vous regardez le graphique de l'USDA, vous vous rendez compte qu'il va dans le même sens. Il présente le stock de fin de saison et l'évolution du "stock to use ratio" depuis 20 ans.

Ce ratio compare, en simplifiant, l'évolution de la demande à l'évolution du stock.


 

Source : USDA


Voici quelques éléments pour ceux qui veulent comprendre "ce marché"...

Pour y voir plus clair, je vous donne les benchmarks (indicateurs comparatifs importants).

Pour le blé, et au niveau mondial, un ratio qui passe sous les 20% est signe de forte tension sur les prix à venir. Autrement dit, la consommation est trop forte par rapport au niveau de stock et de production.

Ce ratio se situe à 12% pour le maïs et 10% pour le soja. Idéalement, il ne faudrait pas passer en dessous. La soupape de sécurité mise à mal.

Le stock mondial est revenu à un niveau critique. Et alors ?

Eh bien dès qu'il y aura un souci de production pour cause de sécheresse ou d'inondations dans l'un des plus importants pays producteurs, les prix seront voués à fortement grimper, faute de marge de sécurité suffisante.

En clair et sans décodeur, notre soupape de sécurité, à savoir le stock, est insuffisamment garni. Son rôle crucial de "tampon entre offre et demande" est sur la sellette.

Ce qui signifie qu'au moindre aléa, si l'ajustement par les volumes (stock) n'est pas possible, l'ajustement se fera par les prix. D'où les tensions à venir, quasi incontournables.

Où se situe le problème ?

La production sur les 10 dernières années a crû de façon conséquente. Mais de plus en plus souvent, les années où cette production n'est pas suffisante pour couvrir la demande se multiplient. Voilà qui explique la tendance baissière structurelle du niveau mondial de stock. A force de le ponctionner pour satisfaire l'excédent de demande, on finit par le vider...

Et les causes en sont connues : les superficies agricoles ne sont pas extensibles indéfiniment. On a beau arroser nos champs d'engrais et de pesticides pour accroître les rendements (!), difficile de renverser la tendance.
Nos modes de vie incompatibles avec la capacité de la planète.

Parallèlement, la population croît et voit globalement son niveau de vie s'apprécier dans les BRIC, ce qui renforce d'autant la demande et déséquilibre la fragile équation.

L'amélioration du niveau de vie permet au plus grand nombre "d'accéder" à la viande, ce qui conduit à la multiplication des élevages et des gros consommateurs de céréales. Pour produire 1 kg de boeuf, il faut 8 kg de céréales !
Le graphique de la FAO ci-dessous vous donne une idée de la hausse de la consommation de viande dans le monde (en kg par personne), sachant que la tendance s'est accentuée depuis 2002.



Source : FAO

Imaginez un instant ce qui se passerait si un Chinois devait se mettre à consommer autant de viande qu'un Européen, voire qu'un Américain ! La capacité de la planète Terre atteindrait ses limites. Et je ne vous parle même pas des gigantesques émissions de CO2 que ces élevages génèreraient...
A moins que les Occidentaux ne partagent pas et acceptent de réduire leur consommation pour que d'autres puissent en bénéficier. Toute une philosophie de vie à revoir...

Les biocarburants ont aussi leur part de responsabilité

A cela s'ajoute l'industrie des biocarburants, dont la production s'affiche en forte hausse ces dernières années ; elle aussi ponctionne le marché des céréales. Ponction qui n'existait pas il y a quelques années encore. Un seul chiffre : en Europe, la consommation de ces biocarburants a crû de 216% depuis 2005.
On en revient au dilemme "manger ou conduire..."
Retenez ceci : la demande croît plus vite que l'offre, et de façon structurelle
Donc, le G8 a été clair : d'ici à 2050, il faudra trouver le moyen de doubler la production agricole. Car chaque année, il y a 79 millions de nouvelles bouches à nourrir.

Sachant qu'on n'a pas beaucoup de marge pour accroître les superficies, il faudra faire en sorte d'augmenter les rendements dans les pays peu développés. C'est le seul moyen pour tenter de résoudre cette problématique.

L'industrie des engrais a encore de beaux jours devant elle ! Voilà un secteur qu'il faudra sans aucun doute privilégier dans votre portefeuille...

Isabelle Mouilleseaux

www.edito-matieres-premieres.fr



04/06/2009
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