Le patronat soudoie les syndicats ? 16 millions ont disparu...

Qui sont les prévenus du procès des enveloppes de l'UIMM ?

Le Monde.fr | • Mis à jour le

 

 

Devant la salle du procès de l'UIMM, le 7 octobre au palais de justice de Paris.

 

Lundi 7 octobre, s'est ouvert à Paris le procès des mystérieuses "enveloppes" de l'UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), la fédération patronale qui constitue l'une des branches les plus influentes du Medef. Depuis un signalement de Tracfin, la justice s'interroge en effet sur des retraits suspects, en liquide, de 16,5 millions d'euros entre 2000 et 2007 des caisses de l'Entraide professionnelle des industries et des métaux – une structure de l'UIMM destinée à soutenir les entreprises adhérentes subissant un conflit social. Mais pas seulement. Il règne une grande opacité sur la destination de la majeure partie des sommes retirées de ce fonds, qui seraient parties en frais de réception, compléments de salaires et, surtout, enveloppes distribuées aux syndicats de la métallurgie. 

 

Le procès, qui met en lumière tout un pan de l'histoire occulte des relations sociales en France, laisse pour l'instant la question, formulé par le juge d'instruction Roger Le Loire, ouverte : "Comment les organisations syndicales pouvaient[-elles] librement négocier les conventions collectives et s'affirmer de manière indépendante dans la gestion d'organismes paritaires tout en étant subventionnées, de manière occulte et sans contrôle, par l'UIMM représentant les patrons." Jusqu'au 22 octobre, dix prévenus et divers témoins défileront donc à la barre au palais de justice, pour tenter de déterminer la destination et l'usage de ces enveloppes d'argent liquide.

  • Denis Gautier-Sauvagnac 

 

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'UIMM, le 7 octobre au palais de justice de Paris.

 

Enarque, inspecteur des finances, Denis Gautier-Sauvagnac, surnommé "DGS", a successivement assuré, à l'UIMM, les fonctions de délégué général, de 1995 à 2006, de vice-président et enfin de président jusqu'en 2007, date de sa mise en examen. Il comparaît pour "abus de confiance", mais aussi pour "travail dissimulé", pour avoir versé à des salariés de l'UIMM, en espèces, des compléments de rémunération.

Pendant l'enquête, l'homme a évoqué des aides financières à "des organismes qui participent à notre vie sociale", "dans la tradition de l'UIMM et comme on le faisait depuis des années", justifiant son silence sur le nom des destinataires par son refus de se livrer à "un grand déballage qui ne serait pas utile à notre pays". "Depuis sa mise en examen, son mutisme sur les mouvements de cash destinés à 'fluidifier le dialogue social' lui vaudra un nouveau sobriquet : 'Denis Garde-le-Silence'", relèvent Les Echos.

Le quotidien économique rappelle que cet homme, "né dans le 16e arrondissement de Paris dans une famille où l'on croise banquiers et particules", a aussi successivement dirigé le cabinet de François-Xavier Ortoli, président de la Commission européenne, pendant six ans à Bruxelles, pris la tête de l'Union laitière normande, puis d'une banque d'affaires, avant de se lancer dans la métallurgie en 1994.

  • Daniel Dewarvin

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/10/qui-sont-les-prevenus-du-proces-des-enveloppes-de-l-uimm_3492856_3224.html

 



11/10/2013
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