le court de l'or au plus haut depuis 25 ans

Les Echos, dimanche 5 février 2006   

L’or, des records [ 03/02/2006 ]

L’or poursuit son envol. Après une progression de 11% depuis le début de l’année, l’once a atteint hier les 575 dollars, son plus haut niveau depuis vingt-cinq ans. En ligne de mire, les 600 dollars l’once.

Attention, si vous avez un mariage en vue, prenez-vos précautions, achetez dès maintenant vos alliances en or. Les joailliers mettent en ce moment leurs catalogues à jour, alors dépêchez-vous ! Tout aujourd’hui conduit en fait à doper le prix du métal jaune. L’or est d’abord un placement financier, et à ce titre, il a plus que jamais la cote. Il est et reste, en dépit de tout, LA valeur refuge, celle que les épargnants de la planète entière préfèrent. Mieux que le dollar, mieux que l’immobilier, mieux que les actions aussi. En fait, l’or a sur tous ces placements concurrents un énorme avantage, il est protégé de tous les risques qui menacent le monde. Des risques politiques, et en ce moment, avec l’Iran, le Hamas ou Al-Qaida, il n’en manque pas. Des risques économiques aussi : celui d’un retour de l’inflation par exemple. Jean-Claude Trichet, le patron de la banque centrale européenne l’annonce, alors certains le croient. Des risques financiers aussi : face aux déficits américains, les banques centrales asiatiques pourraient préférer le métal jaune au billet vert, provoquer du coup la chute de la devise américaine. Comme en plus de tout cela, il y a beaucoup d’argent en mal de placement, cet argent se transforme volontiers en or. Voilà pourquoi le prix de votre alliance a doublé en cinq ans. Voilà pourquoi le prix de l’or bondit de record en record.

L'or monte, tous les métaux de base aussi : le cuivre, le plomb, le zinc ont également atteint hier des niveaux records. L’or n’est pas seulement un placement financier, c’est aussi une matière première utilisée notamment dans l’industrie. Comme pour toutes les autres matières premières, la flambée actuelle des cours de l’or est d’abord le résultat d’une envolée de la demande dans le monde. D’une demande qui provient surtout, ici aussi, des grands pays émergents, l’Inde et la Chine. Par goût, par tradition aussi, Indiens et Chinois adorent le métal jaune - or leurs économies sont en plein boom. De l’autre côté, l’offre tend à s’essouffler, les coûts d’extraction à s’alourdir. Surtout, il y a à terme la perspective d’un épuisement des mines. Au rythme actuel de leur exploitation, il n’y en aurait plus que pour 35 ans. Une forte demande, une offre stagnante, des mines qui s’épuisent : comme pour l’or noir, le pétrole, ou l’or blanc, le platine, tout cela pèse sur les cours. Pour l’économiste anglais du début du XXème, Keynes, l’or n’était plus déjà qu’une vulgaire « relique barbare ». Erreur. Un siècle après, l’or brille toujours. Comme quoi même les plus grands économistes peuvent se tromper !

L’analyse d’Erik Izraelewicz



05/06/2007
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