La demande d'acier baisse, les emplois aussi !

Les baissent de la demande influent sur la production, et donc sur les emplois et enfin sur les prix qui baissent... le Serpent "non vertueux" fait son œuvre !


L'acier dans la tourmente : la Chine résiste
Isabelle Mouilleseaux

Vous le savez, la sidérurgie est l'une des industries les plus touchées par la crise, avec le bâtiment, l'automobile et la banque. Petit tour d'horizon pour se rendre compte de l'ampleur des dégâts...

Le décrochage de la demande est impressionnant
"La demande d'acier va chuter de 15% à 20% cette année", a annoncé récemment Lakshmi Mittal, PDG d'ArcelorMittal. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la demande n'avait à ce point dévissé, jamais.

Le mouvement a commencé en octobre. Face à l'effondrement de la demande, les industriels du bâtiment et de l'automobile (deux débouchés vitaux pour l'acier) ont réagi violemment. Croulant sous des stocks de voitures déjà gigantesques, les constructeurs automobiles ont arrêté leurs usines.

La répercussion sur les aciéristes a été immédiate : dès novembre, ils fermaient eux aussi leurs usines, ou les faisaient tourner au ralenti, au mieux.

Pas de demande, pas de production... logique implacable.

Eviter l'effondrement des prix et déstocker
ArcelorMittal, numéro un mondial de l'acier, a ainsi diminué sa production globale de 35%, et ce chiffre n'a de cesse de progresser... Objectif : éviter l'effondrement des prix et déstocker.

Et ce n'est pas fini... Toyota, numéro un mondial de l'automobile, vient d'annoncer qu'il allait réduire sa production de 28% sur 2009. Le déstockage se poursuit, la sidérurgie va devoir prendre son mal en patience...

La production dévisse : les faits confirment...
En avril, la production mondiale d'acier a reculé de 24% sur un an. Si l'on entre dans le détail, la production de l'Union européenne s'effondre de 49%, celle de la France et de l'Allemagne de respectivement 50% et 53%. Au Japon, le repli est de 44% et au Brésil de 40%. Finalement, avec un repli de 4%, la Chine s'en sort de loin le mieux...

Donc, la tendance n'est pas à l'amélioration. En effet, sur les quatre premiers mois de l'année 2009, la contraction atteint 23%. L'Europe et les Etats-Unis sont les plus touchés (respectivement -44% et -48%). Seule exception : En Chine, la production sur 2009 augmente de 0,1% !

La Chine résiste...
Pourtant, sur cette même période de janvier à avril 2009, les exportations chinoises d'acier ont chuté de 60% ! La demande internationale s'est volatilisée...

Pourquoi la production ne s'effondre-t-elle pas en Chine alors même que la demande extérieure disparaît ?

Le plan de relance orienté vers les infrastructures fait sans doute son effet. La demande intérieure aurait-elle pris la relève ? Impossible de confirmer, mais cela pourrait expliquer la relative bonne tenue de la sidérurgie chinoise. La demande intérieure permet sans doute à la Chine d'absorber le choc sidérurgique mondial, grâce aux milliards déboursés par la Chine pour soutenir son activité.

[NDLR : Il existe un moyen simple pour profiter de ces milliards de dollars reversés dans l'économie chinoise mais aussi mondiale : découvrez-le sans plus attendre ! Les plans de relance sont une aubaine pour qui sait en profiter : tout est expliqué ici -- ne manquez pas le coche...]

A quand la sortie de crise ?
Selon la World Steel Association, la demande d'acier devrait chuter de 15% en 2009. A noter toutefois, une amélioration prévue de la tendance sur le second semestre.

Lakshmi Mittal estime quant à lui que le phénomène de déstockage devrait bientôt toucher à sa fin aux Etats-Unis.

Pour ma part, je reste prudente. Tant que le bâtiment et l'automobile resteront profondément enlisés dans la crise, toute amélioration de la situation n'est pas pérenne. Ce que je crains le plus, ce sont les répercussions de la hausse du chômage et l'effet psychologique induit. On ne se lance ni dans l'achat d'une voiture, et ni encore moins dans la construction d'une maison, lorsqu'on craint pour sa situation. Or s'il y a bien un point sur lequel tous les spécialistes et les analystes sont d'accord, c'est que le chômage va poursuivre sa hausse dans les prochains mois, tant en Europe, qu'aux Etats-Unis...

Descente aux enfers pour le fer
Principale composante de l'acier, le fer subit les conséquences directes d'une telle situation. Comme vous le savez, le prix du fer est négocié de gré à gré, entre les aciéristes et leurs fournisseurs (Vale, Rio Tinto et BHP notamment, qui font 70% de la production mondiale de fer).

Or justement, en ce moment, commencent les renégociations des prix...

Déjà, le sidérurgiste Nippon Steel a obtenu de Rio Tinto un rabais sur le prix d'achat de fer de quelque 40% pour l'année qui s'ouvre. Le mouvement est lancé... les autres sidérurgistes vont se battre pour faire baisser les prix.

Les Chinois, premiers consommateurs mondiaux de fer, revendiqueraient une baisse de 50% du prix du fer à leurs fournisseurs... affaire à suivre.


www.edito-matieres-premieres.fr



19/06/2009
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres