La Commission veut aider les Etats à augmenter le taux de fécondité des femmes

La Commission veut aider les Etats à augmenter le taux de fécondité des femmes

LE MONDE | 06.02.06 | 13h40  •  Mis à jour le 06.02.06 | 13h40 

Pour la deuxième fois en moins d'un an, une conférence sur les "Enjeux démographiques. La famille a besoin de partenariat" s'est tenue du jeudi 2 au samedi 4 février à Vienne. Sous l'égide de la présidence autrichienne de l'Union européenne (UE), le colloque a réuni des spécialistes des Vingt-cinq, qui se sont penchés sur l'inexorable décroissance démographique : la population active (15-64 ans) de l'UE sera en recul de 20 millions de personnes d'ici à 2030.

 Représentant 460 millions d'habitants, les pays membres se préoccupent des conséquences socio-économiques de leur faible natalité : manque de vitalité des sociétés, déséquilibre intenable entre les cotisants et les bénéficiaires des systèmes sociaux (retraite, santé, emploi), pénurie d'étudiants et de main-d’œuvre, etc. Selon un rapport de l'ancien premier ministre néerlandais Wim Kok, ce vieillissement pourrait faire passer la croissance potentielle de l'UE de 2 %-2,25 % aujourd'hui à 1,25 % en 2040.

Face à ces menaces, "il faut augmenter le taux de fécondité", estime Vladimir Spidla, le commissaire responsable des affaires sociales. Aujourd'hui, pas un seul pays des Vingt-cinq n'atteint le seuil des 2,1 enfants par femme, nécessaire au renouvellement des générations ; en 2005, la moyenne était de 1,5. Les pays les plus féconds sont l'Irlande (2) et la France (1,9), tandis que les taux de fécondité en Europe du sud et de l'est sont au plus bas, avec des chiffres compris entre 1,2 et 1,3.

L'immigration est devenue décisive pour assurer une croissance démographique, qui n'était que de 0,44 % en 2005 dans l'Union. L'Allemagne, la Pologne, la Hongrie et les Républiques baltes ont connu en 2005 un recul de leur population. Vers 2010, les flux migratoires ne suffiront plus à endiguer le recul démographique. Ce n'est pas faute de vouloir des enfants : d'après plusieurs enquêtes d'opinion, les Européens souhaitent en moyenne en avoir 2,3. De nombreux facteurs les en dissuadent : problèmes de logement, chômage, manque de systèmes de gardes d'enfants, etc.

Si les gouvernements menaient des politiques familiales efficaces, visant une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle, il serait possible d'y remédier. C'est le souhait de la Commission qui "proposera en mars un programme de travail concret pour faire face aux évolutions démographiques", a annoncé M. Spidla. Objectif : permettre aux femmes d'avoir le nombre d'enfants souhaité sans pour autant renoncer à leur carrière.

Candice Leblanc

Article paru dans l'édition du 07.02.06



05/06/2007
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