L'or confisqué aux Pays-Bas : à qui le tour ?

L'or confisqué aux Pays-Bas : à qui le tour ?L'or confisqué aux Pays-Bas : à qui le tour ?

Par Marc Mayor, rédacteur de La Lettre de Marc Mayor

Souriez, vous êtes fichés !
Tout Américain souhaitant acheter de l'or pourrait bientôt devoir donner ses empreintes digitales et sa plus belle photo aux autorités.

La raison invoquée : nous protéger des escrocs.

La raison que nous soupçonnons : confisquer plus facilement notre or.

Il n'y a bien que l'or qui rassure les investisseurs ces temps-ci. Or les Etats traversent une grave crise de confiance. Pour se rassurer, ils multiplient les "protections" sur l'or.

A terme, l'or pourrait bien devenir la chasse gardée des Banques centrales.

Big Brother dans le texte
Vous ne savez plus qui vous êtes ? Pas grave : Washington en saura bientôt davantage sur votre personne que vous-même.

Dans l'Etat de Washington, tout vendeur d'or physique pourrait devoir livrer :

·         Nom + date de naissance + sexe + taille + poids + race + adresse + numéro de téléphone de la personne avec qui il a conclu une transaction.

Ne croyez pas que les acheteurs échapperont à la corvée. C'est un véritable roman que vous devrez écrire sur votre acquisition :

·         Marque + prix + numéro de série + modèle de lingot + signes gravés dessus + taille + forme.

Vous devrez même donner la couleur de l'or jaune !

Empreintes digitales obligatoires au-dessus de 100 $
Dernier petit détail : dès que la transaction atteint 100 $, l'acheteur doit en plus collecter la signature, la photo et les empreintes digitales du vendeur.

Heureusement que Brice Hortefeux n'a pas participé à l'élaboration du texte...

L'objectif officiel consiste à "encadrer" les vendeurs d'or -- que plus personne ne pourra encadrer après cela !

Comment le prélèvement d'empreintes digitales protégera les clients des vautours, on se le demande bien !

Pour 100 $, t'as plus rien !
D'ailleurs, cette limite ne protège personne. Avec 100 $, on peut acquérir moins d'un dixième d'once, 2,02 grammes précisément, au cours actuel de 1 402 dollars l'once.

Autant dire que tout le monde sera fiché si le projet de loi de l'Etat de Washington (House Bill 1716) est adopté.

Objectif : vous dissuader d'acheter de l'or
L'Etat fait ici d'une pierre deux coups.

·         Imposer des règles contraignantes permettra d'abord de dissuader l'achat d'or.

·         Pour les plus rebelles, le fichage permettra de le confisquer plus rapidement.

Une vraie politique de république bananière.

Les Pays-Bas s'y mettent aussi
Quand on pense république bananière, on n'imagine pas exactement les Pays-Bas. Petit pays à la réputation laborieuse, raisonnable et libéral. Pourtant, là-bas aussi, les autorités veulent "encadrer le commerce de l'or".

La Nederlandsche Bank – l'équivalent de la Banque centrale – a récemment ordonné à une caisse de retraite, le SPVG, de vendre la majorité de l'or qu'elle détient.

Pourquoi ?

Parce que les gérants du SPVG ont surpondéré l'or, avec 13% de leur allocation. Cette stratégie a fait gagner une fortune aux adhérents du SPVG.

Prochaine étape : l'interdiction pure et simple de l'acquisition.

En clair, les autorités sont "furax" quand ses citoyens gagnent de l'argent et pas elles.

Dans un pays sérieux, les gérants sont des escrocs et leurs clients se retrouvent vite sur la paille, ce qui justifie la nécessité d'un gouvernement.

La Banque centrale veut avoir le monopole de l'or
Les autorités n'en ont pas démordu : l'or n'est pas une monnaie et son cours fluctue trop pour qu'un fonds de retraite investisse largement dedans.

En résumé, la Banque centrale néerlandaise a dit : "l'or est une monnaie pour l'Etat (moi) et pour les banquiers de la planète (mes associés), mais pas pour toi (le cerf)".

Pas légal ? Ce n'est pas l'avis de la justice
L'affaire est allée au tribunal, qui vient de se prononcer en faveur de la Banque centrale : le SPVG a deux mois pour vendre son or.

Pour approfondir :
Ratio or/argent : Et si l'inconcevable devenait réalité ?
Par Isabelle Mouilleseaux
Jeudi 10 mars 2011

A qui ?

A l'Etat néerlandais bien sûr, je suis prêt à le parier !

A Palerme, on appelle ça du racket ; en Hollande, ils nomment cela la justice.

La grande confiscation ne fait que commencer
Cette pression sur les caisses de pension, avec l'aide de la justice, préfigure probablement ce qui attend l'ensemble des détenteurs d'or, gérants d'actifs et surtout investisseurs privés.

L'or est appelé à devenir tellement précieux que les autorités cherchent déjà à savoir où il se trouve et comment le capter.

La confiscation a commencé aux Pays-Bas ; à qui le tour ?

Par Marc Mayor, pour l'Edito Matières Premières & Devises



01/04/2011
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