FMI et dette : Argentine - France 1-0

L'expérience de l'Argentine en matière de dette publique...

 



30 juin 2010 - 17:34 (Nouvelle Solidarité)


Lors du G20 à Toronto, Nicolas Sarkozy s’est frotté à plus grand que lui, en la personne de Cristina Kirchner, la Présidente argentine. En homme de principe qu’il est, notre Président a pris la défense de la politique d’austérité imposée à la Grèce et aux pays de l’eurozone pour en faire un remède général à la crise. Forte de la douloureuse expérience de son pays, Cristina Kirchner s’est fermement opposée à l’adoption de telles politiques qu’elle a qualifiées de destructrices.

Dimanche, en présence de toutes les délégations officielles, Nicolas Sarkozy a alors reproché à la Président argentine son manque de connaissance sur la situation monétaire européenne, n’ayant aucune idée du harcèlement que subit l’euro. Mal lui en a pris. Cristina Kirchner a rétorqué que s’il y a bien une chose que l’Argentine connaît, c’est « le harcèlement envers notre monnaie », « on pourrait même vous donner des cours sur ça », a-t-elle ajouté. L’Argentine a vu « ses bâtiments et ses comptes à l’étranger servant à payer le personnel de ses ambassades, être saisis », a-t-elle dit en faisant allusion aux mesures prises par la France contre l’Argentine après sa faillite de 2001.


« Nous savons à quel point la situation européenne est difficile, mais nous pensons que pour en sortir il faut changer de politique économique (…) Ne faites pas ce qui nous a été fait lorsque l’on a voulu nous imposer des politiques venues de l’extérieur, car nous croyons réellement en la liberté de chaque pays à développer son propre projet politique et économique. »


Dès son retour à Buenos Aires le 28 juin, le ministre des Affaires étrangères Hector Timerman [ex-ambassadeur de la République d’Argentine à Washington] a accusé Sarkozy de se placer en défenseur des banques françaises : « L’Argentine, a-t-il déclaré, refuse le recours aux plans d’ajustement pour régler les problèmes de dette publique. Ce type de plan pèse en effet sur les populations. L’Argentine recommande à la Grèce de recourir comme elle l’a fait, à la renégociation pour obtenir une restructuration de sa dette. Si le président français est contre, a-t-il conclu de façon peu diplomatique, c’est que les banques françaises sont les principales créditrices de la Grèce. » Puis il conclut : « Voilà la vérité : soit vous imposez des plans d’ajustement et vous payez votre dette, soit vous rejetez ces plans et vous restructurez la dette » !

 

  http://www.solidariteetprogres.org/article6774.html

 



03/07/2010
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