Emeutes de Banlieues : l'analyse de Gabriele Adinolfi

Cité par Novopress

 

Emeutes de Banlieues : l’analyse de Gabriele Adinolfi

 

Tuesday 20 December 2005     |      Politique and Société     |      Email    |      Print

France. Le couvre-feu ? Des morts ? Une tension extrême ?

Les violences ont débuté lorsque, le 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, le plus servile candidat américain à la présidence française, a proposé le vote des immigrés.

Et s’il y a quelqu’un qui doit avoir des insomnies, c’est bien Sarkozy qui a été brillamment et immédiatement poignardé dans le dos par ses collègues gaullistes, lesquels l’ont laissé provoquer l’explosion de la bombe ethnosociale. On aimerait bien pouvoir dire que ces derniers ont été poussés par un restant de souverainisme, ou même pour barrer la route au “yes man” de New York, mais l’on peut craindre qu’ils n’aient été davantage motivés par de simples plans de carrière. C’est de là que vient en fait l’apparente vacance du pouvoir en France. Comprenons-nous bien : les banlieues sont incontrôlables, à moins d’un usage systématique de la violence d’Etat, et ça fait longtemps qu’elles le sont. La différence entre ce qui survient aujourd’hui et ce qui se passe habituellement n’est pas structurelle mais tient à deux raisons très simples :

1) La situation ne s’était pas sitôt enflammée que la tactique des autorités a immédiatement été non de contenir mais bien d’étendre le phénomène.

2) Les médias, qui d’habitude passent sous silence ce qui se passe dans les banlieues chaudes, ont au contraire accordé une large couverture au phénomène.

Et tout le monde sait bien que dans notre civilisation actuelle, ce qui compte ce n’est pas la réalité telle qu’elle est mais telle qu’elle est transmise et reçue. En somme, si ceux qui sont en charge de la gestion des évènements n’avaient pas opéré les deux choix précédemment décrits, aujourd’hui ce n’est sans doute que dans la presse du front National qu’on parlerait de ce qui se passe dans les banlieues*.

A présent, il faut prendre conscience que si ce sont ces deux facteurs qui ont conduit à l’actuelle situation française, ceux-ci ne sont pas le fruit du hasard mais au contraire d’un ordre reçu.

Certains imaginent, en se faisant des illusions, que le système français est en crise et qu’on ne sait trop quelle société française, exaspérée, est sur le point de réagir. Comme en 1977 (quand les autonomes tiraient sur la police tous les samedis soirs), le phénomène de guérilla sociale, désormais devenu endémique, semble en revanche parfaitement instrumentalisé, dans l’habituel jeu du chat et de la souris.

Ceux qui s’attendent à on ne sait trop quelle réaction positive - sans vouloir épiloguer sur la valeur psychologique et idéologique d’une telle attente, ce qui nous amènerait loin - vont avoir, quoi qu’il en soit, d’amères surprises. Les éventuelles réactions elles-mêmes font partie du jeu et seront canalisées dans les pires des culs-de-sac.
Je sais que beaucoup sont fébriles et s’attendent à ce que les contradictions éclatent en balayant le système. Ça me fait de la peine de leur ôter leurs illusions mais je pense qu’aujourd’hui c’est ce qu’il y a de plus important à faire.

Ceux qui continuent d’interpréter la crise de l’Etat et la désagrégation de la société comme faiblesse du pouvoir n’ont rien compris à l’époque dans laquelle ils vivent. La faiblesse de l’Etat et l’implosion de la société sont des éléments de force du pouvoir réel. Ce qui survient en France n’affaiblit pas le pouvoir oligarchique, il le renforce.

Les minorités radicales devraient cesser de rêver à de divines surprises (qui, même si elles survenaient, les trouveraient dans un état d’impréparation extrême) mais au contraire commencer à ne compter que sur elles-mêmes et à se consacrer au quotidien, en laissant tomber le syndrome du supporter et la prison du spectacle. “Hic et nunc”. Sans chimères.

PS : Depuis la rédaction de cet article, la côte de popularité de Nicolas Sarkozy ne cesse de grimper dans les sondages. Il n’est donc pas à exclure que les véritables chefs d’orchestre des récents évènements soient le ministre de l’Intérieur lui-même et le parti américain.

* En français dans le texte [ NdT ]
Article paru sur : //www.noreporter.org

 



07/06/2007
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