Crise mondiale: le rouble tiendra-t-il le coup?

Crise mondiale: le rouble tiendra-t-il le coup?

17:50 | 21/ 11/ 2008

Par Vladimir Mytarev, pour RIA Novosti

Aujourd'hui, le cours du rouble bénéficie d'une base solide, assurant non seulement la fiabilité de la monnaie nationale russe mais rendant également possible une transition vers sa convertibilité, a déclaré le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine. Ce dernier a rappelé que la Russie assurait la stabilité de sa monnaie nationale grâce aux réserves de change accumulées ces dernières années.

En effet, une trentaine de pays ne disposant pas de réserves suffisantes ont été contraints de dévaluer leur devise au cours du mois dernier. Le rouble, qui subit lui aussi une pression colossale en raison de la crise financière mondiale et de la chute des cours du pétrole, a toutefois été classé fin octobre parmi les sept monnaies les moins dévaluées. Le yen japonais, en tête de liste, est parvenu à se raffermir par rapport à toutes les grandes monnaies du monde. Il est suivi par le dollar de Hong Kong, le yuan chinois, le dollar américain, le dollar de Singapour, le franc suisse et le rouble russe.

Pourtant, la Banque centrale est contrainte de payer le prix fort pour la stabilité du rouble. Elle a notamment dû débourser près de 100 milliards de dollars afin de soutenir le cours actuel de la monnaie nationale, ce qui n'a pas empêché le cours du billet vert de passer de 25 à 27,5 roubles. Les experts lient cette situation à la volonté de l'Etat de dépenser de façon raisonnable les réserves de change accumulées. En effet, ces réserves se constituent grâce aux pétrodollars; le prix du pétrole baissant, l'afflux d'argent se réduit, et il serait par conséquent peu raisonnable de les gaspiller. En outre, selon les lois du marché, le volume de dollars diminuant, le montant en rouble des réserves augmentera.

Cependant, estime Arkadi Dvorkovitch, assistant du président russe, même dans un contexte de pétrole bas, la Russie n'a aucune raison de dévaluer le rouble. Bien que le président de la Banque centrale Sergueï Ignatiev n'exclue pas un assouplissement du cours du rouble et une certaine tendance à la dépréciation par rapport aux monnaies étrangères, les autorités monétaires, qui ont permis un affaiblissement du rouble de 1%, n'accepteront sans doute pas une dévaluation ultérieure de la monnaie nationale à court terme.

Le ministère des Finances ne cache pas que l'Etat poursuivra sa politique de régulation du cours de rouble, car la majeure partie de la population pâtirait de sa dévaluation. Celle-ci porterait un rude coup à tous ceux qui reçoivent leurs salaires en roubles ou possèdent des économies dans cette devise. "Le gouvernement russe aura suffisamment de forces pour faire face à la crise financière mondiale, estime Alexeï Koudrine. Les ressources du pays permettent de surmonter les ondes de choc déclenchées par la crise financière mondiale".

D'après le vice-premier ministre, le gouvernement pourrait puiser quelque 500 milliards de dollars dans le fonds de réserve en 2009 afin de compenser la manque à gagner dû aux prix du pétrole moins hauts que prévu, mais aussi de parer la diminution des recettes budgétaires provoquée par la crise financière mondiale. Parallèlement, le gouvernement révisera en janvier ou en février prochain le budget fédéral 2009 en tenant compte de la nécessité d'octroyer une aide supplémentaire aux régions qui ont le plus pâti de la réduction des rentrées fiscales suite à la baisse des cours mondiaux des matières premières. Le ministère des Finances étudierait actuellement la situation dans toutes les régions du pays.

En attendant, les industriels ont tiré leur épingle du jeu, cette légère dépréciation du rouble laissant présager une réduction des importations qui permettra aux producteurs russes de revenir sur le marché et d'y occuper des positions dominantes. Les exportateurs recevront davantage de roubles pour leurs pétrodollars, ce qui signifie que les impôts et les salaires leur reviendront moins cher. Ceci constituera un avantage, comme le confirme l'exemple des Etats-Unis, qui ont réussi à tourner à leur profit la balance du commerce extérieur pendant la baisse du dollar.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

//fr.rian.ru/analysis/20081121/118454277.html




01/12/2008
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