CIA : comment casser la volonté d'un détenu




Les instructions de la CIA pour casser la volonté d¹un détenu

En août dernier, la CIA a autorisé la publication de ses instructions pour l¹interrogation des détenus importants et fourni ainsi la description détaillée des procédures mises en ¦uvre pour systématiquement briser la volonté des prisonniers, par le stress, l¹exhaustion et la peur.

C¹est à la suite d¹une action en justice, dans le cadre de la Loi sur la Liberté d¹Information, par Amnesty International et l¹American Civil Liberties Union, que ce mémorandum est devenu public. Rédigé par un avocat de la CIA dont le nom a été rayé du mémo, il met en lumière le fait que le programme d¹interrogation avait été approuvé par les plus hautes autorités du Département de la Justice de Bush.

Comme exposé dans le mémo, l¹agression psychologique d¹un détenu commençait dès son arrestation. Les yeux bandés et menottés, on le privait de « vue et de son » pendant le voyage vers les prisons secrètes de la CIA. Il  n¹avait aucun contact humain, sauf durant l¹examen médical. Dans les premiers jours de la détention, un entretien d¹évaluation devait déterminer si le captif coopérerait de lui-même pour fournir des « renseignements sur des menaces passibles de poursuites ». Si tel n¹était pas le cas, la phase de coercition débutait.

Le détenu entrait alors dans un monde constant de lumière vive et de bruit de fort volume jusqu¹à 79 décibels, à peu près celui d¹un train de marchandises. On le tondait, rasait, lui enlevait ses habits, lui donnait une nourriture souvent liquide et il était forcé de rester éveillé jusqu¹à 180 heures.

« Il (lui) fallait démontrer, en instituant ce premier état, qu¹il n¹avait pas le contrôle » rapporte le mémo.

Les interrogations dans les prisons de la CIA se passaient dans des cellules spéciales dont l¹un des murs était couvert de contre-plaqué afin d¹éviter les blessures à la tête. Le prisonnier nu, la tête couverte d¹une cagoule, était placé contre le mur et entravé. L¹interrogation alors commençait.

« Les interrogateurs lui enlevaient la cagoule et lui expliquaient la situation, disant qu¹ils feraient n¹importe quoi pour obtenir les informations importantes ». S¹il n¹y avait pas de réponse, l¹interrogateur usait alors d¹une « gifle d¹insulte » pour « corriger le détenu ou fournir une réaction à la réponse du détenu ». « Vingt ou trente fois étaient admis si l¹interrogateur désirait une réponse plus spécifique à sa question». S¹il n¹y avait toujours pas de réponse, il pouvait recourir à un « coup abdominal » ou le saisir par le visage. Tout échec entraînait des tactiques de plus en plus dures. Après avoir cogné la tête du détenu contre le  mur de contre-plaqué de multiple fois, l¹interrogateur pouvait l¹arroser, le priver de toilette et le forcer à porter des couches sales, ou le faire se tenir debout ou s¹agenouiller pour de longues périodes, entravé dans des positions pénibles.  Le captif pouvait aussi être mis dans une boite en bois jusqu¹à
18 heures d¹affilée.

Ces techniques d¹interrogation ont suscité le trouble parmi certains officiers de la CIA, notamment parmi les membres des conseillers médicaux, l¹Office of Medical Services (OMS) qui ne fut jamais consulté sur les avantages et les risques des techniques d¹interrogation accrues. Ce bureau s¹est surtout opposé à la méthode du waterboarding, la planche à eau, dont il jugeait l¹efficacité très exagérée et médicalement dangereuseٹ

Si la CIA  a petit à petit modifié son programme d¹interrogatoire, elle a de toute manière conservé, jusqu¹en fin 2006, six techniques de base, la manipulation alimentaire, la privation de sommeil jusqu¹à 180 heures, les gifles  et les coups abdominaux, la prise faciale, la poigne d¹attention.
Elles étaient, selon la CIA, le minimum nécessaire pour maintenir un programme effectif. Les lieux de détention étaient constamment allumés, et l¹agence utilisait des circuits de surveillance pour contrôler les prisonniers en tous temps, laissant supposer que des caméras étaient placées dans les cellules. « ٹ il n¹était pas permis aux prisonniers de se reposer dans le noir et l¹intimité comme la plupart des gens le font quand ils dorment » commente le  rapport.
//www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/08/2

 



21/11/2009
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