Capital : Le grand Menteur continue ses méfaits

La Tribune - édition électronique du 15/12/05 à 8:13

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Etats-Unis: les pensions, une relique du passé?

Aux Etats-Unis, de plus en plus d'entreprises rentables renoncent aux engagements qu'elles ont pris auprès de leurs salariés en matière de retraite. Une situation dont s'inquiète la Maison-Blanche sans réellement s'attaquer au coeur du problème.

Les pensions du secteur privé ont-elles encore un avenir aux Etats-Unis? Alors que, jusqu'à présent, les entreprises américaines qui décidaient de ne plus financer les pensions de leurs salariés se trouvaient pour la plupart dans une situation financière délicate - comme General Motors et plusieurs compagnies aériennes dont United Airlines - les sociétés rentables s'y mettent à leur tour. Histoire de s'assurer que leurs engagements en la matière ne viendront pas, un jour ou l'autre, plomber leurs résultats.

Dernier cas majeur en date, l'opérateur téléphonique Verizon vient d'annoncer le gel des pensions de ses 50.500 managers américains. Pourtant, l'an dernier, Verizon a dégagé un bénéfice de 7,8 milliards de dollars et son résultat net s'est élevé à 1,9 milliard au dernier trimestre! Selon l'opérateur, cette décision, accompagnée de coupes claires dans les prestations santé destinées à ses salariés retraités, lui permettra d'économiser 3 milliards de dollars en dix ans.

Las, le cas de Verizon est loin d'être isolé et pourrait un jour devenir une règle plutôt qu'une exception. Selon le consultant Wyatt Worldwide, 71 des 1.000 plus grandes entreprises que compte "Corporate America" ont choisi de geler ou d'abandonner leur programme de pensions en 2004, alors qu'elles étaient 45 l'année précédente.

Heureusement, le président des Etats-Unis est là pour rappeler les patrons indélicats à l'ordre. Dans un discours visant à convaincre ses compatriotes de la vigueur de l'économie américaine, George W. Bush s'est fâché tout rouge contre ces sociétés qui "ne réservent pas assez de fonds pour tenir les promesses de retraites qu'elles font à leurs salariés". Faute d'avoir pu imposer au Congrès sa privatisation partielle du système public de retraite, la Social security, le quarante-troisième président des Etats-Unis vole au secours des pensions du privé...

Mais à défaut de s'attaquer de front aux pratiques de certaines entreprises, le président a préféré jeter une bouée de sauvetage au fonds fédéral de garantie des pensions, le PBGC. Celui-ci, qui intervient lorsqu'une société ne peut plus assurer ses engagements en matière de retraites, accuse un déficit de 23 milliards de dollars. Adoptée par le Sénat, la réforme proposée par la Maison-Blanche, qui doit encore passer devant la Chambre des représentants, accorderait un délai de sept ans aux entreprises pour honorer leurs obligations de contribution au PBGC.

S'il n'a pas encore trouvé le remède miracle pour sauver les retraites des Américains, "W" a au moins réussi à redorer son blason auprès du grand public. Selon un sondage paru après son discours sur l'économie et les pensions, le taux d'approbation de l'action présidentielle est remonté de 35% à 40%. Comme quoi George W. Bush réussit encore à convaincre ses compatriotes qu'il est un président de proximité, soucieux de leurs préoccupations essentielles...

 

par Eric Chalmet, à New York

 



07/06/2007
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