USA: rejet du plan de sauvetage des banques à la Chambre
USA: rejet du plan de sauvetage des
banques à la Chambre = Lundi Noir !!!
USA: rejet du plan de sauvetage des
banques à la Chambre
28/09/2008
06h26

Harry Reid, Nancy Pelosi et
Christopher Dodd lors d'une conférence de presse le 28 septembre 2008 au Congrès
à Washington
©AFP/Getty Images - Chip
Somodevilla
WASHINGTON (AFP) - La Chambre des
représentants américains a créé la surprise et secoué encore davantage les
marchés en rejetant lundi le plan de sauvetage des banques de 700 milliards de
dollars, destiné à stabiliser le système financier
américain.
Par
228 voix contre et 205 pour, les représentants ont refusé au secrétaire au
Trésor Henry Paulson les moyens qu'il demandait pour renflouer les banques mises
à mal par la crise immobilière, à travers
Cette intervention de l'Etat dans le
secteur privé, sans précédent dans l'histoire américaine, visait à racheter les
actifs douteux des banques en difficulté du fait de la crise
immobilière.
La
Bourse de New York chutait après le vote: le Dow Jones perdait 4,75% (soit plus
de 500 points), et le Nasdaq 6,90%.
Dans les travées de l'assemblée des
représentants, pleine à craquer, certains élus stupéfaits contemplaient les
votes négatifs qui s'alignaient contre toute attente sur le tableau lumineux. La
procédure du vote est restée ouverte bien après les 15 minutes prévues pour
permettre des changements de vote, qui ne sont pas
intervenus.
La
présidente de la Chambre à majorité démocrate, Nancy Pelosi, avait insisté le
matin même sur le fait que l'initiative était "bipartite" et devait recueillir
également un vote "bipartite" pour rassurer les
marchés.
La
suite du processus n'était pas déterminée, les responsables démocrates et
républicains pouvant encore tenter de réintroduire un texte modifié devant la
Chambre, alors que le Sénat est censé voter mercredi et que mardi le Congrès est
fermé pour respecter la fête juive de Roch Hachana.
Le
président George W. Bush avait reconnu que le vote serait "difficile" alors que
le projet de loi n'est guère populaire auprès des
contribuables.

Présentation du projet de plan de
sauvetage de la finance
américaine
©AFP/Infographie
A
la tribune, au cours d'un débat vif, certains républicains et démocrates
s'étaient retrouvé pour exprimer leur opposition au plan du secrétaire au
Trésor.
"On
est tout bonnement en train de sacrer le roi Henry", a estimé le républicain
John Culberson du Texas, en référence à Henry
Paulson.
"C'est une extension du pouvoir
fédéral sans précédent, inacceptable, qu'on ne peut pas se permettre, que nos
enfants ne peuvent pas se permettre et que nous n'avons jamais vu dans
l'Histoire de ce pays", s'est-il indigné. "Prenons notre temps, le temps d'y
penser", a-t-il ajouté.
A
la même tribune, son collègue démocrate du Texas, Lloyd Doggett a estimé qu'il y
avait "une autre solution que cette dépense massive de l'Etat fédéral". "Il
manque tant à cette loi. Wall Street ne paye même pas un centime !", a-t-il
lancé.
Au
fil des négociations, le dispositif Paulson est devenu de moins en moins
populaire auprès des contribuables américains, 63% estimant que le gouvernement
risquait d'en faire trop pour venir à la rescousse de Wall Street, selon un
sondage Rasmussen Reports.
La Bourse de New York accuse une chute historique
NEW YORK (AFP)
La Bourse de New York a accusé une chute historique lundi après le rejet par la Chambre des Représentants du plan Paulson de sauvetage des banques: le Dow Jones a perdu 6,98%, soit une perte jamais vue approchant les 800 points, et le Nasdaq 9,14%.
La Bourse de Paris a fini sur une lourde chute lundi, le CAC 40 dégringolant de 5,04% pour terminer à son plus bas niveau depuis mai 2005, dans un marché affolé par les nouveaux développements de la crise financière aux Etats-Unis et en Europe.
Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a plongé de 777,68 points à 1O.365,45 points. En termes de points, la plus forte chute de son histoire (684,81 points) avait auparavant été enregistrée le 17 septembre 2001, jour de la reprise des échanges après les attentats terroristes du 11 septembre.
L'indice Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 199,61 points à 1.983,73 et l'indice élargi Standard & Poor's 500 8,81% (soit 106,85 points), à 1.106,55 points, selon les chiffres définitifs de clôture.
Déjà déprimée en début de séance, Wall Street s'est enfoncée après le rejet inattendu par la Chambre des représentants du plan de sauvetage des banques qui devait permettre de retrouver un peu de stabilité sur les marchés.
Par 228 voix contre et 205 pour, les représentants ont refusé au secrétaire au Trésor Henry Paulson les moyens qu'il demandait. Près de deux républicains sur trois ont rejeté son plan.
"C'est un mauvais signal envoyé au marché, qui voit le Congrès incapable d'adopter un plan", a estimé Lindsey Piegza, de FTN Financial.
"Cela montre à quel point le marché comptait sur ce plan", a-t-elle ajouté, craignant qu'un projet adopté dans plusieurs jours n'arrive "trop tard".
"Si le projet est effectivement moribond (...) alors le relais sera passé rapidement à la Fed (la banque centrale américaine, ndlr) et aux autres banques centrales pour gérer la crise, ce qui resserrerait davantage les conditions de crédit", a prévenu Brian Bethune, chef économiste à Global Insight.
Et accentuant davantage le sentiment d'urgence, "chaque jour qui passe apporte la chute d'une institution financière" aux Etats-Unis, a souligné Mme Piegza.
Après la faillite de Washington Mutual vendredi, les autorités ont organisé le rachat des activités bancaires de Wachovia par sa rivale Citigroup.
En Europe, la crise s'est brusquement accélérée, poussant à des interventions d'urgence au profit de banques au Royaume-Uni, au Bénélux, en Islande et en Allemagne, signe que les marchés font face "non seulement à une crise américaine, mais à une crise mondiale", a ajouté l'analyste de FTN Financial.
Le marché obligataire a fortement monté. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 3,632%, contre 3,827% vendredi soir, et celui à 30 ans à 4,161%, contre 4,357% la veille.


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