Immigration : Les responsables du désastre
Les responsables du désastre
Le bloc-notes d'Ivan Rioufol
[18 novembre 2005]
Qui a mis
Ces professionnels du parler faux n'envisagent pas l'autocritique. Ils s'essayent même à d'autres acrobaties: les violences urbaines traduiraient une demande d'intégration, les incendies d'écoles un besoin d'instruction. Les manifestations de haine seraient des «messages protestataires». Tout juste si les tirs à balles réelles contre les forces de l'ordre ne devraient pas être compris comme des gestes d'amour.
L'illusionnisme est contagieux. L'autre jour, le président de
Ces aveuglements masquent la gravité des émeutes, qui ne posent pas seulement un problème social, comme le tambourine la pensée unique. Ce sont aussi des cités majoritairement musulmanes qui sont entrées en rébellion contre l'État, parfois contre
Aujourd'hui, le peuple excédé n'est pas loin de tenir ses représentants et médiateurs pour collectivement responsables d'un risque de libanisation du pays. Déjà le nombriliste PS s'effondre dans les sondages. Et l'image du Chirac angélique est atteinte. Promoteur du «métissage» de la société, il a admis, lundi, la profondeur du malaise né d'une «crise de sens, de repères, d'identité».
Il revient à
Le coût de l'immigration
Il faut évidemment «assumer la diversité de la société française», comme le demande Jacques Chirac. Et tout faire pour corriger les discriminations raciales qui empêchent des jeunes d'accéder normalement aux fonctions qu'ils méritent. Mais les trop nombreux chômeurs des cités font-ils toujours l'effort d'adaptation que
S'appuyant notamment sur les travaux des professeurs d'économie Jacques Bichot et Gérard Lafay, Yves-Marie Laulan, président de l'Institut de géopolitique des populations, estime le coût de l'immigration et de son intégration (éducation, formation professionnelle, logement, santé, lutte contre la délinquance, maintien de la sécurité, etc.) à 36 milliards d'euros par an. Soit 80% du déficit public, 13,5% des dépenses publiques, 3,5 fois le «trou» de
Laulan : «Il ressort que chaque immigré qui franchit la frontière (250 000 par an) coûte 100 000 euros par an à la collectivité nationale, soit vingt fois plus que les Corses. (...) Nous rejoignons ainsi les calculs de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui estimait voici plusieurs années à quatre fois son salaire annuel le coût d'installation d'un immigré. A ceci près que M. Allais estimait qu'il s'agissait d'un coût effectué une fois pour toutes alors qu'ici il s'agit d'un coût annuel.»
Comme l'explique le professeur Lafay, ce prix à payer est celui «des erreurs commises par tous les gouvernements successifs depuis trente ans». Erreurs ayant consisté à laisser s'installer une immigration familiale, sans qualification professionnelle et sans désir de s'intégrer à la culture d'accueil. Cet important investissement national financera peut-être demain la croissance et les retraites. Dans l'immédiat, ces efforts méritent mieux que les manifestations de francophobie et les exercices de culpabilisation.
Répondre aux questions
Une réflexion sur ces événements – qui n'auront surpris que les esprits moutonniers – conduit à mettre en cause la pensée clonée, qui refuse d'appeler un chat un chat. L'inventaire des mensonges reste à dresser. Retenons déjà celui qui voulut faire croire en l'harmonie de
A propos du bloc-notes
Régulièrement, des lecteurs me suggèrent de rassembler les blocs-notes en un livre. Voilà qui est fait avec la sortie, cette semaine, des Chroniques d'une résistance (Éditions du Rocher), reprenant les années 2003 et 2004.
irioufol@lefigaro.fr


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