Jolis temps de Crise, en Russie
Russie en crise :
révoltes nationalistes sur fond de criminalité immigrée
Wednesday 28
January 2009
Russie en crise : révoltes nationalistes sur fond de criminalité
immigrée
Situation tendue a Moscou pour ce début d’année 2009. Alors que la
crise économique n’épargne pas
Selon l’agence de presse Russe RiaNovosti
plus de 250 000 Russes pourraient perdre leur emploi dans les prochains mois.
Des milliers de Gaustarbeiters (travailleurs issus des ex-républiques
soviétiques) se retrouvent sans emploi ni moyens financiers de rentrer chez eux.
Une situation inquiétante pour de nombreux experts qui estiment que
ces milliers de «
sans ressources » n’auront d’autre choix pour survivre que de tomber dans la
criminalité.
En décembre dernier,
de nombreuses
organisations de jeunesses ont régulièrement manifesté pour demander l’expulsion
de la main d’œuvre étrangère et la priorité des emplois aux Russes. Malgré une
très forte répression policière en 2008 pour démanteler les groupes radicaux
susceptibles de s’en prendre aux étrangers, la situation semble se détériorer
rapidement depuis que les effets de la crise se font
sentir.
Au mois d’octobre, le
meurtre d’une Russe ethnique de 15 ans, violée puis étranglée dans l’ouest de la
capitale par un Gautarbeiter Ouzbek, a déclenché la
fureur de nombreux
mouvements ultra-nationalistes qui se sont durant près de trois jours livrés à
une véritable chasse aux étrangers dans le quartier où il a été commis. Les
militants nationalistes ont agressé les ressortissants des républiques d’Asie
centrale et s’en sont pris aux locaux des sociétés embauchant cette main d’œuvre
étrangère.
Suite à ce meutre,
un ressortissant
tadjik a été décapité à Moscou début décembre. Sa
tête a été retrouvée dans une poubelle, enveloppée dans un sac plastique, non
loin de l’endroit où la jeune Russe a été violée. L’attaque a été revendiquée
auprès des organisations des droits de l’homme par un groupe nationaliste
inconnu.
Depuis le début de
l’année les choses ont l’air de s’accélérer. Trois étrangers ont été assassinés
à Moscou dans ce qui ressemble à des crimes ethniques. Samedi 10 janvier, un
Camerounais a été attaqué dans le
nord est de Moscou par trois hommes qui l’ont poignardé à plusieurs reprises. La
victime est décédée de ses blessures à l’hôpital. La veille,
un étudiant
Vietnamien était également
décédé après avoir été poignardé au thorax et au ventre dans une impasse du
centre-ville. Le jeudi suivant, c’est un
Ouzbek de 26 ans qui a été
poignardé à mort dans le sud de la capitale.
Dans la région de Novosibirsk
(Sibérie), quatre skinheads étaient jugés samedi dernier pour le
meurtre d’un citoyen
turc en janvier 2008,
battu a mort a coup de battes de base-ball. Deux des prévenus étaient également
jugés pour l’agression d’un ressortissant
Kyrgyse.
Cette tension rend
explosive la situation à Moscou alors que le chômage s’aggrave et que les
tensions sociales s’accroissent. Le gouvernement Medvedev, conscient de
l’importance vitale de cette main d’œuvre très bon marché, fait face à la
pression populaire grandissante, principalement des jeunes et des couches
populaires russes frappés de plein fouet par la crise. Pourtant, le premier
ministre Vladimir Poutine semble entendre la vox populi : lors de son discours
de fin d’année, il affirmé vouloir réduire de 50 % les quotas d’emplois accordés
aux ressortissants étrangers pour 2009 et tolérer qu’un étranger occupe un
emploi « uniquement » lorsqu’un Russe n’est pas en mesure de le
faire.
Vsevolod Stefanov pour
Novopress France
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