Le charbon transformé en pétrole
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Petite histoire du charbon
qui voulait se muer en pétrole (I) Pilier des révolutions industrielles du XIXe siècle, le charbon est couramment associé à la sidérurgie, aux chaudières des locomotives à vapeur et aux centrales électriques thermiques. A l'heure du protocole de Kyoto et du plan énergie-climat, ses rejets de CO2 lui donnent bien mauvaise réputation. Et pourtant, le charbon n'a pas seulement un pouvoir calorifère. Avec un peu d'imagination -- et beaucoup de chimie --, des procédés allemands permettent de le transmuter... en carburant. Une belle aventure, riche en carbone. Everlasting coal ? La houille est également concentrée : à eux seuls, les Etats-Unis et la Russie détiennent près de la moitié (47,1%) des réserves mondiales prouvées, contre moins de 9% pour le pétrole et 28,6% pour le gaz. Vous avez dit "indépendance énergétique" ? Charbon : les principaux producteurs et leurs réserves
Parmi les sources d'énergies primaires, si le pétrole reste premier au classement mondial (35,8% du total, toujours selon BP), il est immédiatement suivi par le charbon (28,6%) qui précède le gaz (23,7%). Nucléaire, hydraulique et énergies renouvelables sont bien loin derrière. Ce n'est pas si mal pour cette "vieille" énergie à la réputation aussi poussiéreuse que polluante -- elle compte pour environ 40% des émissions globales de CO2. Du pétrole made in Germany En effet, l'Allemagne du début du XXe siècle était riche d'industriels, de capitaux, d'ingénieurs et de charbon. Avec ce dernier, les avant-derniers sont parvenus à fabriquer tout un tas de choses, comme des matières plastiques et des produits chimiques. Et aussi du carburant ! Pour ce faire, il existe deux méthodes : la voie dite directe, inspirée par Friedrich Bergius et Carl Bosch (prix Nobel de chimie 1931), qui consiste à "hydrogéner" du charbon, et donne 3,5 barils de carburant par tonne de charbon sec, selon l'Institut français du pétrole (IFP). Ainsi que la voie indirecte, qui repose d'abord sur sa gazéification. Puis le procédé de Hans Fischer (prix Nobel de chimie 1930) et Franz Tropsch permet d'en catalyser le résultat pour obtenir une sorte de diesel. Bilan : 2,5 barils de carburant par tonne de charbon sec, dit l'IFP. Ces procédés, dits Coal-to-Liquid (CTL), peuvent aussi être utilisés avec du gaz naturel (on parle alors de GTL) et de la biomasse (BTL). Quand les avions de la Luftwaffe volaient au
charbon Pour des raisons stratégiques, les
Sud-Africains se lancent dans l'aventure Sasol, grand nom du charbon liquéfié Aujourd'hui contrôlé par des intérêts privés -- même si l'Etat sud-africain est toujours présent à son capital --, Sasol s'est lancé dans le pétrole, mais produit toujours le tiers du carburant consommé en Afrique du Sud à base de charbon. Sasol est ainsi devenu l'un des tous premiers groupes énergétiques d'Afrique et l'acteur mondial de référence en matière de charbon liquéfié. Et pratiquement le seul. Mais pour combien de temps ? Les concurrents se multiplient et les Etats prennent le problème à bras le corps. Il faut bien trouver des solutions alternatives au brut ! Nous aborderons les développements récents de cette énergie dans un prochain Edito. [NDLR : Le pétrole est au coeur d'une révolution énergétique mondiale ! Découvrez avant les autres quelles sources d'énergie seront mises en avant dans les mois à venir -- et réalisez des plus-values spectaculaires grâce à la sélection impitoyable de notre spécialiste du secteur : il n'y a plus qu'à en profiter sans tarder...] * : La liquéfaction du charbon, où en est-on aujourd'hui ?, Pierre Marion, IFP, décembre 2007. |



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