A qui profitera l'embargo contre le pétrole Iranien ?

A qui profitera l'embargo contre le pétrole Iranien ?

 

Un oléoduc contournera le détroit d'Ormuz d'ici à juin

Photo du détroit d'Ormuz, prise par la NASA de la Station spatiale internationale en septembre 2003.
Photo du détroit d'Ormuz, prise par la NASA de la Station spatiale internationale en septembre 2003. Crédits photo : NASA/AP
 

Alors que l'Iran menace de «verrouiller» ce corridor stratégique pour le trafic maritime pétrolier, les Émirats arabes unis affirment que leur projet de contournement est «presque terminé».

Le détroit d'Ormuz, qui catalyse les crispations entre l'Iran et l'Occident, pourra bientôt être contourné. En effet, les Émirats arabes unis sont sur le point d'achever la construction d'un oléoduc qui doit permettre d'acheminer le pétrole depuis les champs de Habshan (sud-ouest de l'émirat d'Abou Dhabi) au port de Foujeirah (est des Émirats sur le Golfe d'Oman), sans avoir à transiter par le détroit d'Ormuz. En marge d'une conférence pétrolière à Abou Dhabi, le ministre émirati de l'Énergie, Mohamed ben Dhaen al-Hamili a déclaré à la presse que le chantier était «presque terminé» et que l'oléoduc serait «opérationnel dans six mois, en mai ou en juin». Les exportations de brut pourront alors commencer, a-t-il affirmé.

D'une longueur de 360 kilomètres, cet oléoduc a une capacité de 1,5 million de barils par jour. Une capacité qui pourrait atteindre 1,8 million de barils, selon le ministre de l'Énergie. Les Émirats arabes unis produisent actuellement environ 2,5 million de barils par jour. La construction de cet oléoduc, dont le budget s'élève à 3,3 milliards de dollars (2,36 milliards d'euros), a démarré en 2008 et a été retardée à plusieurs reprises à cause de tensions avec Téhéran, ont rapporté des sources à Bloomberg. Selon le calendrier initial, les exportations via cet oléoduc auraient dû débuter il y a un an.

Téhéran menace de bloquer le détroit d'Ormuz

La tension reste vive avec l'Iran, qui a menacé mardi dernier de «verrouiller» le détroit d'Ormuz en cas d'un renforcement des sanctions occidentales contre Téhéran. Pour amener l'Iran à céder sur son programme nucléaire, les États-Unis et l'Union européenne ont récemment brandi leur arme économique la plus dissuasive: un embargo sur les importations de pétrole iranien. Face à ces pressions, Téhéran joue l'escalade. Alors qu'il vient d'achever une campagne de manoeuvres militaires de dix jours dans le détroit d'Ormuz, le régime islamiste a annoncé qu'une deuxième série d'exercices serait menée du 21 janvier au 19 février. Les États-Unis ont immédiatement répliqué qu'ils répondraient par la force si l'Iran cherchait à bloquer le détroit d'Ormuz.

L'enjeu de cette passe d'armes est crucial. Près de 40% du trafic maritime pétrolier mondial transite par le détroit d'Ormuz. Outre les Émirats arabes unis et l'Iran, toutes les exportations de pétrole de Bahreïn, du Koweït et du Qatar empruntent ce passage, ainsi que la plus grande partie des exportations pétrolières d'Arabie saoudite et de l'Irak. Soit un transit de 17 millions de barils par jour l'an dernier, selon les données de Agence internationale de l'Énergie (AIE). Lors de sa conférence, le ministre émirati Mohamed ben Dhaen al-Hamili a toutefois refusé de se prononcer sur les mesures que son gouvernement prendrait en cas de fermeture du passage, en minimisant la crise: «Qui a dit que le détroit d'Ormuz allait être fermé?»

 

http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2012/01/09/04012-20120109ARTFIG00442-un-oleoduc-contournera-le-detroit-d-ormuz-d-ici-a-juin.php



26/01/2012
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